eSport : où en sont la Belgique et la France ?

L’eSport est un phénomène mondial en plein essor, c’est le moins que l’on puisse dire, mais tout le monde n’avance pas à la même vitesse de croisière… En effet, la discipline connaît des réalités contrastées de part et d’autre de la frontière franco-belge. En Belgique, malgré une communauté dynamique et des initiatives ambitieuses, l’eSport peine à conquérir le cœur du grand public. Tandis qu’en France, avec une communauté de 10,8 millions de passionnés, il se fait une place de choix dans le paysage événementiel, mais se heurte toutefois à une question récurrente : peut-on réellement le considérer comme un « vrai » sport ? Décryptage ! 

Pourquoi l’eSport belge peine-t-il à percer ?

La situation de l’eSport en Belgique est quelque peu paradoxale… D’un côté, le pays compte des passionnés dévoués, ces architectes de l’ombre qui investissent temps et énergie pour organiser des événements prometteurs. Animés par leur passion du jeu et de la compétition, ces derniers aspirent à renforcer les liens au sein de la communauté esportive à travers des tournois et rassemblements. Pour autant, l’enthousiasme du public reste mesuré, l’accueil réservé à ces initiatives étant, pour le moins, tiède…

Disons-le tout de suite : la mobilisation des fans belges d’eSport, bien qu’existant, ne semble pas atteindre la ferveur observée ailleurs. Pourquoi ? Est-ce pour des raisons culturelles, des problèmes de communication, un intérêt naturellement modéré… ? En tout état de cause, le défi pour les organisateurs est de taille, car il faut bien trouver le moyen de raviver l’intérêt et d’élargir leur audience.

Sur le plan politique, malgré des efforts pour encourager l’eSport, les actions semblent parfois mal ajustées ou insuffisantes. En effet, les différentes initiatives peinent à marquer significativement la scène esportive locale, et des ressources peuvent être absorbées par des projets moins impactants au détriment de stratégies plus efficaces. La question demeure : comment optimiser le soutien politique afin qu’il bénéficie réellement à l’eSport belge ?

A la recherche d’investisseurs pour dynamiser l’eSport belge

Autre défi de taille pour l’eSport belge : attirer les investisseurs dans un secteur en pleine émergence mondiale, mais qui peine encore à séduire localement. Des noms comme Proximus, Burger King, et Red Bull figurent parmi les rares à avoir franchi le pas, illustrant un soutien ponctuel mais largement insuffisant pour propulser le secteur au niveau souhaité. A ce niveau, la clé réside dans l’attraction d’une audience locale et qualitative, essentielle pour captiver l’intérêt des investisseurs locaux.

Face à ce constat, plusieurs chantiers se dessinent pour dynamiser l’eSport belge. Concrètement, il s’agit de déterminer les leviers les plus pertinents pour engager le public : faut-il accentuer la promotion des événements, soutenir les talents locaux, ou développer la visibilité d’influenceurs esportifs belges ? L’éducation du public aux multiples facettes de l’eSport représente également un axe de développement à ne pas négliger.

Tout cela pour dire que l’eSport belge est à la croisée des chemins… Malgré les obstacles, la passion et le dévouement de sa communauté sont de véritables atouts, mais tout l’enjeu est de transformer cet élan en une force capable d’attirer à la fois le grand public et les investisseurs. Et cela passe par une stratégie bien pensée et une action concertée. Certes, la route est semée d’embûches, mais l’avenir de l’eSport en Belgique reste prometteur, à condition de savoir mobiliser les ressources et l’intérêt autour d’un projet fédérateur et innovant.

L’eSport au cœur du débat sportif en France

Le tournant pour l’eSport français s’est produit le dimanche 21 mai 2023, date à laquelle s’est tenue la plus grande compétition de l’année à Paris, le Blast TV Major CSGO, à l’Accor Arena. Cet événement, soutenu par le président de la République (rien que ça !) et ayant rassemblé plus de 2,75 millions de téléspectateurs en 2021, témoigne de l’importance grandissante de l’eSport en France. Avec une communauté de près de 11 millions d’internautes, l’eSport s’ancre progressivement dans la culture populaire française, malgré les clichés persistants et les débats interminables autour de sa reconnaissance comme pratique sportive.

Car il faut savoir qu’en France, la question de la physicalité de l’eSport alimente les discussions, et pour cause. Jérémy Peltier, directeur des études à la Fondation Jean-Jaurès, critique ouvertement l’idée de considérer l’eSport comme une activité sportive en raison de son apparence sédentaire. Cela dit, Nicolas Besombes, docteur en sciences du sport et vice-président de France e-Sports, réfute cette vision réductrice, soulignant la motricité fine et la performance cognitive exigées par les jeux électroniques, comparables à celles requises dans d’autres disciplines reconnues comme sportives, telles que la pétanque ou encore le golf. C’est aussi le cas des échecs qui, depuis 1999, sont reconnus comme sport par le Comité international olympique. Le eSport commence petit à petit à faire son trou en France notamment avec Webedia, le groupe de Mr de Lacharrière, qui possède MGGTV la première chaîne française de eSport. Mais bien sûr, il y a encore du travail pour que cette discipline soit reconnue comme sport à part entière.

L’eSport, une discipline où le mental et la vitesse priment

Dans le monde de l’eSport, les performances ne se limitent pas à l’agilité physique ; elles englobent également des exigences cognitives élevées. Benoît Amédée, responsable pédagogique à l’Education gaming school (EGS) de Mérignac, éclaire sur cette dimension souvent sous-estimée de l’eSport. Malgré une pratique en apparence statique, l’eSport demande une rapidité et une agilité mentale remarquables, touchant à divers aspects cognitifs tels que l’attention, la perception, le raisonnement, la prise de décision, la coordination et la réactivité.

L’EGS, conscient de ces exigences, intègre un préparateur cognitif dans son cursus, habitué à travailler avec des athlètes professionnels, pour affûter ces compétences chez les joueurs d’eSport. Les résultats sont éloquents : « Les tests cognitifs des e-sportifs sont aujourd’hui équivalents à ceux des pilotes de Formule 1, et supérieurs à ceux des footballeurs ou tennismen », affirme Amédée.

La quête de reconnaissance sportive, un défi institutionnel

L’eSport, avec ses règles strictes, son caractère compétitif et l’exigence d’un entraînement rigoureux, semble cocher toutes les cases pour être considéré comme un sport selon les critères classiques établis par les dictionnaires Larousse ou Le Robert. Pour autant, Nicolas Besombes, expert en sciences du sport, pointe une nuance qui l’empêche d’être reconnu comme un sport à part entière au sens institutionnel : l’absence d’une structure fédérale sportive traditionnelle.

La principale barrière à cette reconnaissance réside dans la propriété intellectuelle des jeux vidéo, qui appartient aux éditeurs comme Riot Games ou Valve. Ces entreprises, agissant de facto comme des instances régulatrices de l’eSport, poursuivent des objectifs de profit, s’éloignant du modèle associatif et non lucratif des fédérations sportives traditionnelles. Cette réalité explique pourquoi l’eSport, malgré sa popularité et sa complexité, n’est pas reconnu officiellement par des entités comme le ministère des Sports ou le Comité national olympique et sportif français (CNOSF).

Besombes fait cependant une distinction importante entre « faire un sport » et « faire du sport », affirmant que l’eSport constitue bel et bien une activité sportive nécessitant un entraînement spécifique des capacités motrices.

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